MON AÏEUL EN COCHINCHINE

Y aurait-il du vrai dans ces propos de sa mère ? « Il veut être médecin, écrit-elle, parce qu’il n’ose pas avouer à son père qu’il voudrait n’être rien du tout, c’est-à-dire vivre sans travailler ; mais il voudrait étudier la médecine à Lyon, non pas pour ne pas nous quitter, mais pour être plus libre, bien qu’il se plaigne sans cesse qu’on ne lui laisse point de liberté. » La crise est résolue par le parrain d’Albert, M. Bonnand, qui, à l’insu du père, prend en charge le montant des inscriptions de l’année en médecine civile. Mais, en juillet 1868, Albert Morice échoue de nouveau à l’examen de Strasbourg. Il exige de continuer à Lyon et cette fois le père paie les inscriptions, la mère les livres et Strasbourg passe aux oubliettes. En novembre 1869, il se fait offrir un remplaçant pour le service militaire. Mais survient la guerre de 1870 et le jeune homme doit servir quelques mois comme lieutenant-médecin avant de terminer ses certificats à Paris en 1871.

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À travers ses écrits, il me semble déceler en lui le don du dilettante qui, sans aller jusqu’au bout de ce qu’il entreprend, sait attirer favorablement l’attention sur ses acquis, s’épargne des efforts fastidieux et change de cap selon ses désirs. Je ne sais si un ultime accrochage avec ses parents au sujet du financement de ses études l’a décidé, mais il sollicite un poste de médecin auxiliaire de la marine en faisant valoir, outre ses diplômes (baccalauréats et deux ans d’internat de médecine à Lyon), « qu’un changement de fortune l’oblige à abandonner sa vocation de chercheur ».
Sa candidature acceptée, il est affecté à Toulon le 26 janvier 1872 et embarque sur le Iéna qui y est ancré. Immédiatement, il sollicite d’être envoyé en Cochinchine. Transféré sur le Creuse, il part de Toulon le 20 mai pour arriver à Saigon le 7 juillet 1872. Affecté à l’hôpital à terre, il sera envoyé à plusieurs reprises en tournée d’inspection médicale dans le reste de la colonie. À la mi-janvier 1873, il rejoint Gocong pour trois semaines. Puis, de mars à juin inclus, il réside à Hatien d’où il part passer un mois comme médecin vaccinateur sur l’île de Phu-Quoc, où quinze pour cent de la population a succombé à la variole dans les mois précédents («j’eus le bonheur d’opérer avec du bon vaccin »). Il est alors bien placé pour observer une épidémie de dengue qui commence en mai 1873, s’étend sur tout le sud de l’Indochine en n’épargnant aucune nationalité, avant de s’éteindre en novembre. C’est cette fièvre éruptive (fièvre rouge) très peu mortelle mais très débilitante qui lui donne son sujet de thèse. Fin 1873, toute la marine est consignée et au secret à cause des événements en cours au Tonkin où Garnier mène une expédition pour aider aux projets commerciaux de Dupuis avec la Chine. Puis, de février à juillet 1874, Albert se retrouve à Tay-Ninh (Paix de l’Occident) où la petite épidémie de choléra de juin n’atteint qu un matelot annamite, qui en meurt cependant. Après ces quelques deux ans de Cochinchine il est réem¬barqué le 20 septembre 1874 sur le Sarthe qui le dépose en France, déjà malade, le 4 novembre. Ce congé normal de trois mois, insuffisant pour soigner une kératite de l’œil droit (maladie qui peut laisser de larges taches opaques sur la cornée), une diarrhée de Cochinchine (sorte d’entérite souvent mortelle chez les Européens) et de 1 anémie, est prolongé d’autant.
Il en profite, après accord hiérarchique, pour faire de nombreuses conférences, publier les obser-vations diverses qu’il a faites et passer son doctorat en médecine. En fin de congé, il est affecté à Toulon, tantôt sur la Provençale, tantôt à terre. Il y réussit un concours de médecin auxiliaire de seconde classe en août 1875 et est promu « méde¬cin entretenu de deuxième classe » le 20 novembre. Ayant essayé sans succès de se faire transférer aux Affaires indigènes, il repart pour Saigon le 19 janvier 1876 où il est à nouveau affecté à l’hôpital à terre, cette fois comme prévôt de salle, puis envoyé à nouveau en poste. Son agenda pendant l’année et demie de ce second séjour présente problème : les sources le voient soit attaché au nouveau consulat de France à Quinonh, sur la côte sud d’Annam, soit de nouveau à Tay-Ninh à l’ouest de Saigon avec des détails contradictoires.

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