CHAPITRE 14

LES REFUGIES DU VIETNAM OU LA VERITE SUR LE HAI-HONG
La suppression du commerce dans le Sud-Viêtnam est la principale raison qui incite les Viêtnamiens, surtout les Hoa, habitués à la civilisation de consommation capitaliste à quitter massivement le paradis rouge des neveux de l’Oncle Hô. Habitués depuis des générations à vivre bien au-dessus du niveau de la masse, ils se retrouvent du jour au lendemain dans l’obligation de se transformer en agriculteurs pour subsister. Quelques-uns s’y essaient et s’installent dans les zones d’économie nouvelle (zones à défricher). Ils abandonnent leur tentative au bout de quelques mois, car les travaux des champs sont trop durs pour les citadins. En désespoir de cause, il ne reste plus à ces anciens maîtres de l’économie viêtnamienne qu’à exercer ailleurs leurs talents mercantiles. C’est le boom des boat people de 1978.

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Cet exode est organisé officieusement et exploité commercialement par les autorités du nouveau régime. Il n’est nullement dû, comme le prétend la propagande de Hànôi, à la complicité de quelques can-bô concussionnaires. Un vieux membre du Parti, président du comité du front patriotique d’un important arrondissement de Hô Chi Minh Ville, déclare solennellement, pendant une séance d’éducation politique de la population, que les bureaux d’inscription officieux pour quitter le Viêtnam sont connus de tout le monde. Les autorisations de sortie sont accordées officieusement et les bénéficiaires doivent se débrouiller pour se procurer les moyens de transport.
L’antiquaire H.N., après son entrevue avec l’agent du fisc en mars 1978, se met en quête d’une occasion pour aller tenter sa chance sous d’autres cieux qui ne sont pas encore sous le contrôle de Moscou ou de ses acolytes. Sur les indications de ses amis, il se met en relation avec un bureau d’inscription à Binh-Tây au début du mois de mai 1978. On l’informe que pour obtenir le montant des frais de transport qui doit être réglé en taëls d’or de 24 carats, il doit fournir des papiers attestant son origine Hoa ainsi que ceux de sa famille. Ayant vent de l’affaire, T.L., un marchand d’accessoires de voitures et beau-frère de H.N. (il a épousé la sœur cadette de Mme H.N.), décide de se joindre au groupe.
Quand les documents nécessaires sont prêts, ils se présentent au bureau de Binh-Tây. On donne à chacun d’eux des formulaires à remplir, notamment un engagement de remettre aux autorités tous leurs biens. Ils doivent verser dans une banque, indiquée par le bureau, une somme égale à la moitié des frais dans les quinze jours qui suivront la constitution du dossier. Le tarif est de dix taëls d’or pour un adulte et cinq taëls d’or pour les enfants âgés de plus de six ans et cinq taëls pour les frais divers. Le reliquat doit être réglé 24 heures avant la date de départ qui sera communiquée trois jours à l’avance. Dans les jours qui suivent, nos deux candidats réfugiés liquident tous ce qu’ils possèdent pour réunir la somme nécessaire et préparer leurs bagages. Au début du mois d’août, le bureau de Binh-Tây les avise que dans le courant du mois de septembre, il y aura probablement un départ. Mais le nombre de demandes est tel que le bureau demande une majoration des frais de 20 %. Ne disposant pas de la somme nécessaire, ils doivent attendre.

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